


Réflexions sur l’écriture de Jacques Offenbach
Ce qui frappe dès l’abord dans ce graphisme est le contraste entre une mise en page plutôt sage, conventionnelle et un graphisme bousculé, comme écrit dans l’urgence.
La deuxième chose remarquable est la prédominance évidente du mouvement sur la forme. La rapidité du geste rend le texte peu lisible, avec des lettres bâclées, escamotées ou approximatives.
Enfin il faut noter les grandes inégalités présentes dans les genres de Crépieux-Jamin (espaces entre les mots, direction, dimension, pression)
Essayons de voir si, à partir de ces 3 clés, on peut commencer à bâtir un portrait.
La première clé nous dit que voilà quelqu’un à la nature indisciplinée qui a découvert la nécessité d’avoir des limites entre lesquelles évoluer. Soit par besoin profond soit par la rencontre avec le principe de réalité cher à Freud, il a découvert que le respect de règles et de traditions sont inhérentes à la vie en société. Et qu’ils sont incontournables pour atteindre le but que l’on s’est fixé. (voir la marge de gauche tenue, la grande marge du haut, signes traditionnels du respect de la hiérarchie des valeurs).
La deuxième clé révèle un personnage spontané, impulsif, juvénile qui joue d’une intelligence incisive, astucieuse, inventive, rapide, et souvent emportée par un enthousiasme teinté de malice et d’ironie. [Combinaisons ‘’de tête en pied’’, c’est-à-dire de haut vers le bas ;des simplifications, présence majoritaire de formes en guirlande mais aussi formes acérée de qques jambages ; mot presque en forme de sigle -le mot ‘’chez’’ identiques lignes 3 et 6 document bleu – ; mots butant sur le bord du papier à droite par impatience : la pensée va plus vite que la plume et aller à la ligne est une perte de temps ; ponctuation décalée vers la droite ; lignes montantes exprimant l’élan, le dynamisme]
Actif, il l’est certainement mais sous cette ouverture au monde, affichée, bien visible, on perçoit la pirouette de celui qui en fait trop pour mieux cacher ce qui lui tient vraiment à cœur, son moi intime. (lettres étrécies – oves – ; lettres à rebours ; grands espaces entre les mots, zone médiane un peu écrasée)
La dernière clé évoque une sensibilité en alerte dans tous les domaines, qu’ils soient intellectuels, artistiques, sensoriels, les uns interagissant sur les autres.
Par exemple la curiosité intellectuelle (directions des lettres généralement inclinées mais parfois verticales) pousse notre musicien à capter tout ce qui passe à sa portée. Cette curiosité va être amplifiée par la sensibilité artistique (dans le document bleu : harmonie de la séquence ’’c’est de là que’… ligne 5 ; harmonie de la ligne précédent la signature avec ses pleins et ses déliés). Et elle va être bonifiée par la sensibilité affective toujours présente et donnant au personnage plus de subtilité et de nuances(écriture très inégale dans la hauteur des lettres médianes ; choix de la couleur du papier à lettres)
